
Du 17 au 22 juillet 2026, dans les salles de la BGFI Business School, des banquiers en exercice vivent une première historique : le premier cours de Master 2 consacré aux cryptomonnaies, à la blockchain, aux stablecoins et aux monnaies numériques de banque centrale jamais dispensé en Afrique centrale. Récit immersif d'une semaine qui parle à tout un continent.
Il est des rentrées de cours qui ressemblent à des événements d'État. Ce 17 juillet 2026, au deuxième étage de la BGFI Business School de Libreville — département pédagogique, salles Senghor, Mandela, Makeba —, des cadres bancaires en fonction prennent place face à un écran où s'affiche un intitulé que l'université d'Afrique centrale n'avait encore jamais inscrit au programme d'un Master 2 : « Cryptomonnaies & Blockchain — Focus CBDC & Stablecoins ». L'unité d'enseignement, délivrée au format académique LMD pour l'année 2026-2027, est sans précédent dans l'histoire académique récente du Gabon et, plus largement, de l'Afrique centrale.
Le calendrier lui-même semble avoir été écrit par l'histoire. Huit jours plus tôt, le 9 juillet 2026, la Banque des États de l'Afrique Centrale officialisait son adhésion au Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS) porté par Afreximbank — ouvrant aux six pays de la CEMAC l'accès à une infrastructure qui connecte désormais 28 pays africains et plus de 190 banques et fintechs. Quand les étudiants de Libreville s'assoient face à leur premier module, la question des paiements transfrontaliers africains n'est plus une abstraction de manuel : elle est la une de l'actualité monétaire de leur propre sous-région.
Quinze heures de cours magistral, de travaux dirigés, d'atelier et de projet final, réparties sur quatre journées : le format est ramassé, l'ambition immense. Car il ne s'agit pas d'initier des étudiants à une mode technologique. Il s'agit d'armer intellectuellement celles et ceux qui, la semaine suivante, retourneront à leurs salles de marché, à leurs directions de la conformité et des moyens de paiement, pour y affronter une question que plus aucune banque au monde ne peut esquiver : que faire des monnaies numériques ?

Le choix du lieu n'est pas un détail — il est un message. Créée en 2008 au sein du Groupe BGFIBank, leader bancaire de l'Afrique centrale, la BGFI Business School s'est hissée en 2025 au rang de toute première grande école d'Afrique centrale certifiée ISO 21001:2018, la norme internationale des organismes d'éducation et de formation. Le panneau du département pédagogique l'affiche sans ostentation, à côté des noms des salles de cours ; la certification, elle, place BBS dans un cercle très restreint d'institutions africaines capables de parler d'égal à égal avec les standards mondiaux de la formation bancaire et financière.
Adossée à un groupe présent dans une douzaine de pays, dont elle forme les quelque 3 000 collaborateurs, et forte d'un réseau d'alumni structuré, BBS n'est pas une école qui commente le secteur bancaire : elle est l'école que le secteur bancaire d'Afrique centrale s'est donnée à lui-même — un laboratoire où la banque de la sous-région pense sa propre transformation, sous l'ambition stratégique « BGFI 2030 » que rappellent les bannières dans ses couloirs. Que ce soit précisément cette institution, dirigée par le Professeur Pamphile Mezui-Mbeng, qui ouvre la voie de l'enseignement des actifs numériques n'a rien d'un hasard : c'est la marque des maisons qui préfèrent précéder l'histoire plutôt que la subir.
En invitant à Libreville, du 16 au 29 juillet 2026, un expert extérieur de stature continentale pour animer ce séminaire fondateur, l'école signe un acte de gouvernance académique exemplaire : chercher, où qu'elle se trouve, la meilleure expertise disponible, et la mettre au service de ses étudiants.






Il faut imaginer la scène, car les photographies la racontent mieux qu'un communiqué. Sur la table du formateur, une tablette affiche la couverture du jour : « Cours Blockchain — JOUR 3. CBDC : les monnaies digitales de banque centrale ». À côté, un ordinateur portable ouvre les consignes du travail dirigé ; des feuilles annotées circulent — tableaux comparatifs à compléter, carte bancaire contre Bitcoin, stablecoin contre SWIFT contre PAPSS. Face au formateur, des hommes en costume sombre — cadres de banque en exercice — ordinateurs ouverts, documents en main, débattent.
C'est là toute la singularité de cette promotion : elle n'est pas composée d'étudiants en quête d'un premier emploi, mais de banquiers occupant déjà des responsabilités dans l'architecture bancaire de la sous-région. Lorsque l'atelier du troisième jour demande « à quoi servirait une CBDC en Afrique et en Europe ? », les réponses ne sortent pas des manuels : elles sortent des salles de marché, des directions de la conformité, des services monétique où ces participants travaillent chaque matin.
L'exercice le plus parlant reste le travail dirigé du deuxième jour : régler 50 000 FCFA chez un commerçant par carte bancaire, puis envoyer l'équivalent à un proche à l'étranger en Bitcoin — décrire les deux circuits, les comparer, préparer une restitution orale de deux minutes. En quelques heures, des notions réputées ésotériques — intermédiaires, consensus, irréversibilité — deviennent des critères d'arbitrage professionnel. C'est exactement la promesse du descriptif du cours : développer « l'esprit critique nécessaire pour distinguer la valeur réelle de ces technologies de l'effet de mode ». On est loin, très loin, de l'évangélisme crypto. On est dans la formation de décideurs.








L'Afrique ne doit pas être spectatrice de son destin monétaire. Elle doit en devenir l'opératrice — et cela commence dans une salle de cours.
Le syllabus — conçu de bout en bout par l'expert, avec ses supports dédiés — est une leçon de design pédagogique. Quatre journées gravissent les paliers de la taxonomie de Bloom, du « connaître » à l'« évaluer et créer », sans une seule ligne de code : l'approche est résolument métier et monétique, chaque notion étant reliée à ses effets concrets sur les paiements — coûts, rapidité, règlement, conformité, concurrence.
Cinquante-cinq heures de travail étudiant estimées — présentiel, lectures, projet — pour environ deux crédits ECTS ; une bibliographie qui va de Nakamoto (2008) aux BIS Papers sur les CBDC en Afrique, du working paper du FMI sur l'eNaira aux rapports 2025 de Chainalysis, jusqu'aux textes MiCA, GENIUS Act et au règlement du marché financier CEMAC de 2022. Six compétences structurent les acquis — et c'est ici que le cours cesse d'être un événement local pour devenir une affaire continentale.


Ces six compétences ne sont pas des lignes de CV : ce sont des clés de lecture du moment monétaire africain. Car partout sur le continent, les chantiers qu'elles éclairent sont déjà ouverts.
C'est ici que les acquis s'appliquent dès la semaine suivante. L'adhésion de la BEAC au PAPSS, officialisée le 9 juillet 2026, doit être opérationnalisée d'ici fin 2026 : chaque banque de la CEMAC devra raccorder ses systèmes, former ses équipes, repenser ses corridors de paiement — précisément ce que le TD2 du cours fait simuler. S'y ajoutent les communications de la BEAC sur le projet de franc CFA numérique, le règlement du marché financier CEMAC de 2022, la supervision COBAC et COSUMAF, et des initiatives de terrain comme CAMTRADE PASS au Cameroun, qui applique déjà blockchain, IA et IoT à la traçabilité du « Made in Cameroon ». La compétence C6 — recommander, en professionnel, stablecoin, CBDC ou statu quo pour une banque de la zone — est ici littéralement le sujet du moment.
Le Nigeria a offert au continent sa première expérience grandeur nature avec l'eNaira, lancé en 2021 — et le cours l'étudie sans complaisance, à travers la lecture critique qu'en a livrée le FMI : une adoption initiale limitée, riche d'enseignements sur le design, l'incitation et la confiance. Côté UEMOA, la BCEAO avance avec prudence pendant que le PAPSS, né dans la zone monétaire ouest-africaine, étend son réseau. Entre la vitalité du Mobile Money, la jeunesse des fintechs de Lagos, Dakar ou Abidjan et la rigueur des banques centrales, l'Afrique de l'Ouest illustre la compétence C2 : distinguer ce qui relève de la crypto spéculative, du stablecoin d'usage et de la monnaie souveraine numérique.
Le Maroc offre le cas d'école réglementaire : après des années d'interdiction générale des transactions en crypto-actifs, le royaume a rendu public l'avant-projet de loi 42-25, d'inspiration MiCA, qui placerait le secteur sous la double supervision de Bank Al-Maghrib et de l'AMMC — l'émission de stablecoins étant réservée aux établissements agréés — pendant que la banque centrale poursuit ses études sur un e-dirham. C'est la compétence C4 en action : lire un cadre réglementaire, comprendre la répartition des tutelles, anticiper les obligations LBC/FT. Pour les juristes et conformité officers formés à Libreville, le mouvement nord-africain est un référentiel de comparaison immédiat.
Depuis 2018, la South African Reserve Bank déroule avec méthode le programme Project Khokha : règlement interbancaire tokenisé d'abord, puis, avec Khokha 2, l'expérimentation d'une CBDC de gros et de jetons obligataires aux côtés des grandes banques du pays et du JSE ; participation à Project Dunbar avec la BRI et les banques centrales d'Australie, de Malaisie et de Singapour ; et désormais des travaux associant CBDC de gros et stablecoins bancaires pour les paiements régionaux. L'Afrique australe enseigne la compétence C5 : la souveraineté monétaire ne se proclame pas, elle s'expérimente — preuve de concept après preuve de concept.
Au-dessus des régions, un dessein commun : la Zone de libre-échange continentale africaine et son marché de plus d'un milliard de consommateurs, dont le talon d'Achille reste le coût et la lenteur des paiements transfrontaliers. Avec 28 pays connectés au PAPSS, des cadres externes qui se stabilisent — MiCA en Europe, GENIUS Act aux États-Unis — et des banques centrales africaines qui passent des études aux pilotes, la décennie qui s'ouvre exigera une génération entière de cadres capables d'analyser, de comparer et de décider. La promotion de Libreville en est un prototype. Elle ne doit pas rester une exception.

« De Douala à Washington, de Bangalore à Johannesburg : un parcours entièrement tendu vers une seule ambition — que l'Afrique devienne l'opératrice, et non plus la spectatrice, de son destin numérique. »
Armand Gaetan NGUETI, 37 ans, se présente comme un architecte des initiatives de transformation numérique, chercheur en management et conseiller tactique en politique TradeTech globale-locale. Son impact sur la stratégie économique internationale a été confirmé en 2025 par sa nomination comme délégué T20 lors du sommet du G20 en Afrique du Sud. À ce niveau, et comme coordinateur exécutif pour l'Afrique centrale du Sommet africain de l'économie numérique (AfriDES), il a soutenu la présidence sud-africaine du G20 et pilote la coordination stratégique à travers les onze pays de la CEEAC.
Fondateur et CEO global d'Universal Broadband & Technology Services International Corp (USA), il dirige un think-tank qui réinvente les modèles économiques des plateformes numériques dans les communications électroniques et l'agriculture intelligente — des écosystèmes Wi-Fi intelligents déployés avec MTN Cameroun au Passeport Digital Agritech Afrique (UAA-DP), qui confère, par la blockchain, une identité numérique aux produits agricoles, de la ferme au consommateur. Stratège de la Sovereign AI Alliance via PIPRA Solutions, dont il préside la région Afrique, il défend « l'IA endogène » : souveraineté des données, IA vernaculaire, résilience stratégique. Il est aussi l'inventeur de CAMTRADE PASS — blockchain, IA et IoT au service du label « Made in Cameroun ».
Chercheur exécutif en sciences de gestion à l'Université Paul-Valéry Montpellier 3, il relie rigueur académique et innovation industrielle. Microsoft Certified Trainer à seulement 24 ans, formé à Bangalore, il détient une distinction sans équivalent : premier et, à ce jour, unique consultant au monde certifié au Modèle de Maturité Blockchain (BMM) originaire d'Afrique. Basé entre Atlanta, Washington, Lagos, Bangalore et Hyderabad, il construit sans relâche les alliances qui font de ce cours de Libreville bien plus qu'une intervention ponctuelle : un jalon.
Au terme de la semaine, l'expert international Armand Gaetan NGUETI — délégué T20 au sommet du G20 en Afrique du Sud, président Afrique de la Government Blockchain Association, premier et unique consultant certifié BMM du continent — n'a pas conclu par un satisfecit. Il a conclu par une interpellation. Son équipe de communication stratégique la relaie ici, fidèlement, à l'attention de toutes les parties prenantes d'Afrique :

La fenêtre est ouverte : le PAPSS est là, les études CBDC mûrissent, les cadres MiCA et GENIUS Act fixent des référentiels externes. Dotez vos équipes de la compétence d'arbitrage — pas seulement de la prudence. La souveraineté monétaire du continent se joue dans les cinq prochaines années.
Le raccordement de la CEMAC au PAPSS d'ici fin 2026 n'est pas un projet informatique : c'est un changement de modèle. Formez vos directions monétique, risques et conformité dès maintenant — la promotion de Libreville montre que quinze heures bien conçues suffisent à transformer le regard d'un cadre.
Vous avez démontré que l'Afrique pouvait inventer ses propres usages financiers. Le prochain chapitre — stablecoins régulés, interopérabilité avec les CBDC, corridors panafricains — s'écrira avec ceux qui parlent à la fois le langage de l'innovation et celui de la conformité.
La BGFI Business School vient de prouver que c'est possible : un syllabus rigoureux, aligné LMD, ancré dans les cas africains, sans une ligne de code. Répliquez-le, adaptez-le, dépassez-le — de Dakar à Nairobi, de Casablanca au Cap. Chaque promotion formée est une brique de souveraineté.
Les cadres juridiques ne peuvent plus attendre que les usages soient installés. L'exemple marocain montre qu'une sortie de zone grise ordonnée est possible ; l'exemple sud-africain, qu'une expérimentation publique méthodique est féconde. Légiférez en connaissance de cause — et formez ceux qui écriront les textes.
Les métiers des paiements, de la conformité et de la stratégie numérique qui s'ouvrent sur ce continent n'exigent pas que vous soyez développeurs. Ils exigent que vous compreniez. Ce cours a été conçu pour des débutants complets en actifs numériques : la porte est plus ouverte que vous ne le croyez. Franchissez-la.







